Tribune de
l’opposition :
Que les choses soient claires
!
Il est d’abord important de préciser
que les membres de l’opposition au nombre de quatre ne sont
pas tous adhérents socialistes. L’un est "sans étiquette" et
l’autre, adhérent du "front de gauche".
Lors d’un précédent conseil municipal en date du 14 octobre,
aucun des membres de l’opposition n’était présent. Ce
conseil a été mis en place à la hâte pour évoquer le devenir de
l’espace Great-Lake et compte tenu des circonstances, nous
avons d’un commun accord décidé de boycotter ce
conseil.
Nous n’avions eu de cesse de réclamer des informations
concernant ce site, mais les réponses étaient toujours restées
évasives. Nous avions également réaffirmé nos ambitions écologiques
et non mercantiles pour la reconversion de ce site lors de la
précédente campagne municipale. il semblerait que la municipalité
se dirige vers une telle solution ! Alors peut-être va t-on nous
donner raison ? mais que de temps perdu !
Quis custudiet ipsos custodes
? (suite)
(Qui surveille le gardien ?)
Après l’étude de l’installation d’une
vidéosurveillance aux abords du coeur de ville et comme nous nous
en inquiétions dans une précédente tribune et lors d’un
conseil municipal, voici un nouveau projet de vidéo-surveillance
qui va voir le jour dans notre commune.
Où ? Rue Elie et Corentin QUIDEAU, plus
précisément au niveau de l’entrée d’agglomération à la
limite de la ville de Champage-sur-Oise et en fin de voie, à la
limite du rond point situé à l’angle des rues F.Ferrer,
L.Gambetta et E.Dolet.
Quoi ? C’est un double système de
vidéosurveillance mis en place par le Ministère de
l’Intérieur, avec la bénédiction de vos élus de la majorité.
Ce système complétement novateur et expérimental, sera capable de
lire plus de trois mille (3 000) plaques d’immatriculation à
l’heure. Comprenez que le mot lire veut dire identifier et
que tous vos faits et gestes seront enregistrés.
Certainement honteux de ce processus, nos institutions préfèrent
modifier l’appellation de vidéosurveillance en
vidéoprotection. Vous pensez que c’est un problème de
sémantique ? Que nenni ! Seuls les fonctionnaires de police
(nationale ou municipale) ou de gendarmerie sont en effet habilités
à accomplir des missions de surveillance de la voie publique. Or,
de nombreux préfets, à en croire les magistrats de la Cour des
comptes, autoriseraient de simples employés communaux, pas ou peu
formés, ni assermentés, ni agréés, voire des entreprises privées, à
surveiller les écrans de contrôle. D’où ma question : qui
surveille le "gardien" ? En remplaçant le mot surveillance par le
mot protection, tout semble rentrer dans l’ordre et on nous
donne l’illusion que nos intérêts sont pris en
compte.
A l’heure où l’on nous rabâche que nous vivons une
crise sans précédent et que l’objectif premier est de réduire
nos dépenses, F.Fillon souhaite pourtant, dans la continuité de la
politique de B.Hortefeux, doubler le budget dédié à la
vidéosurveillance. Claude Guéant va même jusqu’à dénoncer "un
nombre important d’inexactitudes, d’erreurs
d’analyse, d’oublis et d’appréciations manquant
parfois d’objectivité" dans le rapport de la cour des comptes
sur le coût, et l’efficacité, de la politique sécuritaire de
Nicolas Sarkozy déployée depuis l’adoption de sa loi
d’orientation et de programmation (LOPSI) de 2002. Comment
peut-on dénoncer ainsi un rapport de la Cour des Comptes ?
Il est d’autant moins critiquable, qu’il fonde son
expertise sur des données fournies par les préfectures, les
services de police et de gendarmerie et le ministère de
l’Intérieur, lui-même.
Ce rapport de la cour des comptes est formel : ce ne sont pas moins
de 600 Millions d'euros par an qui sont nécessaires au budget de
cette entreprise. Ce budget pharaonique est supporté à moitié par
l'Etat et à moitié par les collectivités et au final, ce sont les
contribuables qui trinquent d'un côté comme de l'autre, d'autant
qu'aucune évaluation n'est en mesure de déterminer la capacité
préventive ou répressive de ce système.
Il est en outre évident, même si l'installation et le matériel de
vidéosurveillance seront offerts par le Ministère de l'Intérieur,
que l'entretien, la maintenance et le remplacement de cet
équipement seront à la charge de la collectivité. Alors,
sommes-nous prêts à envisager que nos impôts servent à financer une
dépense si discutable ?
Emmanuel
Maurel
Michelle
Rinaldelli
Jean Michel GLIZE
Joëlle
Gaxieu